Volet I du programme de Biomonitoring humain wallon

blood-collection-1949486_1920.jpgLa première phase de BMH-Wal, nommée BMH-Wal 1, s’est focalisée sur 3 catégories d’âge : les nouveau-nés, les adolescents de 12 à 19 ans et les jeunes adultes de 20 à 39 ans.

 

Les substances recherchées dans cette première phase sont :

 

Dans l’urine des adolescents et des adultes

  • Les métaux que sont le plomb, le cadmium, le mercure, l’arsenic total, le chrome, le sélénium, le zinc et le cuivre (ces trois derniers sont aussi des oligo-éléments)
  • Des insecticides 
  • Le glyphosate et son métabolite l’Ampa
  • Des plastifiants reconnus perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A et ses alternatives
  • Des biomarqueurs de produits de dégradation des processus de combustion comme les HAPs

 

Dans le sang des adolescents et des adultes et dans le sang de cordon des nouveau-nés

  • Le plomb, le cadmium et le mercure
  • Des pesticides interdits depuis de nombreuses années par la Convention de Stockholm mais dont on retrouve encore des traces dans notre environnement (par exemple le DDT)
  • Des PCBs, produits de synthèse interdits depuis les années 1980 mais encore présents dans notre environnement.

 

Principales conclusions de l'étude

En Wallonie, les valeurs de référence d’exposition du plomb sanguin qui ont été déterminées pour les nouveau-nés sont supérieures aux valeurs de risque sanitaire établies par l’EFSA (l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments). Celles déterminées chez les adultes excèdent celles observées en France.  

D’autres métaux toxiques ont été retrouvés chez la grande majorité des participants. Leur présence a pu être reliée à la présence d’amalgame dentaire (mercure), à une consommation récente de poisson (mercure et arsenic) et au tabac (cadmium).

Concernant les pesticides, plus de 90% des échantillons d’urine des adolescents et des adultes contiennent au moins un produit de dégradation (métabolite) d’insecticides. L’herbicide glyphosate (interdit en usage privé en Belgique depuis le 1/6/2017) était présent dans près d’un quart des échantillons d’urine. Il ressort que les concentrations mesurées chez les adolescents sont significativement supérieures à celles mesurées chez les adultes pour la grande majorité des pesticides actuels.

Concernant les bisphénols, le BPA est celui qui a été mesuré en plus grande quantité, suivi par le BPS et le BPF. Des concentrations plus élevées ont été mesurées dans l’urine des adolescents par rapport aux adultes, et chez les hommes par rapport aux femmes. Cela étant, les concentrations de BPA mesurées dans l’urine des participants wallons restent nettement inférieures à celles rapportées dans toutes les études réalisées entre 2007 et 2017. Cela semble confirmer une tendance à la baisse dans le temps, résultant des différentes restrictions d’utilisation imposées en Europe. 

Malgré leur interdiction depuis plus de 40 ans, 6 polluants organiques persistants (POPs) ont été retrouvés sur la vingtaine recherchés en particulier chez les adolescents et les adultes. 

Globalement, on peut dire que les résultats ne montrent pas de différences majeures avec les autres pays européens. On y retrouve toutefois du plomb et des pesticides, mais on observe aussi une diminution de la présence de bisphénols (perturbateurs endocriniens) par rapport à des données antérieures. 

 

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