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Les perturbateurs endocriniens, c’est quoi ?

Fotolia_17243640_S_txt.jpgLes perturbateurs endocriniens pourraient être comparés, en quelque sorte, à des "pirates" hormonaux. Ils ne doivent pourtant pas se confondre totalement aux substances toxiques ou dangereuses. Ils sont en effet capables de rendre des services à la population. Encore faut-il qu'ils soient sous surveillance.

 

Selon l’OMS, un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène, possédant  des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous-) populations.

Cette catégorie est divisée en deux sous-catégories : la catégorie 2a pour les perturbateurs endocriniens suspectés et la catégorie 2b pour les perturbateurs endocriniens pour les substances possédant des indications de propriétés de perturbation endocrinienne.

 

Encore faut-il savoir en quoi consiste le système endocrinien !

Celui-ci se compose, chez l'être humain, de glandes endocrines et d'une cinquantaine d'hormones.

Les glandes endocrines les plus connues sont les testicules (homme) et les ovaires (femme), le pancréas, la thyroïde, l'hypophyse, l'hypothalamus et la glande surrénale.

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Ces différents organes ont pour rôle de secréter des hormones qui vont circuler directement dans le sang.

Les hormones jouent un rôle fondamental puisqu'avec le système nerveux, elles régulent des fonctions aussi essentielles que la reproduction et la croissance, elles favorisent la digestion, elles stabilisent la pression artérielle, etc.

Les hormones sont des messagers chimiques qui permettent à toutes ces fonctions d’être régulées selon les divers besoins de l'organisme.

Pour jouer leur rôle, ces hormones se lient à des récepteurs, c'est-à-dire des protéines se trouvant à la surface et dans les cellules.

 

Les PE peuvent perturber le système endocrinien de diverses façons.

Ceux-ci peuvent empêcher la fixation des hormones sur les récepteurs, bloquant ainsi l’envoi de leur signal hormonal, ce qui entrave la production des réactions biochimiques normales.

Ils peuvent aussi mimer l'action des hormones, ce qui entraîne une sorte de "fausse réaction" du système concerné.

Enfin, les PE peuvent également interagir avec le système endocrinien en troublant la production, la dégradation ou la régulation des hormones au niveau des glandes.

Bref, en perturbant de diverses façons le système endocrinien, les PE sont susceptibles de compromettre l'ensemble du métabolisme et du développement d'un individu.

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On aurait tort de s'inquiéter aveuglément des perturbateurs endocriniens.

Certaines substances sont fabriquées intentionnellement et à des fins très précises.

De nombreux médicaments sont spécifiquement synthétisés pour interagir avec le système endocrinien (par exemple, les contraceptifs oraux, les médicaments traitant la stérilité, les traitements hormonaux,…).

On trouve aussi des perturbateurs endocriniens naturels, par exemple dans le soja et les céréales.

 

Mais, bien évidemment, les PE qui causent le plus de soucis sont ceux qui ont été fabriqués par l'homme à des fins aussi variées que la fabrication des polymères ou d'autres produits de grande consommation.

En effet, certaines molécules utilisées dans des processus industriels aussi divers que la rigidification (des plastiques), la conservation (des cosmétiques), l'assouplissement (des produits liquides), la diffusion (des molécules de type "parfum"), l'imperméabilisation (des vêtements), la résistance au feu ou à la chaleur (des tissus, meubles, appareils électroniques...), la dispersion (des peintures) peuvent avoir des propriétés hormonales.

 

Les perturbateurs endocriniens peuvent aussi provenir de la combustion incomplète des carburants, dans le transport ou les chaudières.

Enfin, certains pesticides utilisent des substances actives qui ont été spécifiquement développées pour interagir avec le système endocrinien des organismes ciblés et peuvent avoir des effets néfastes sur l’être humain.