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Particuliers, agriculteurs, gestionnaires publics : tous concernés!

pesticides enfant.jpgLe marché des pesticides est fluctuant. Des produits jugés dommageables pour la santé ou l’environnement sont retirés du commerce. D’autres molécules, jugées généralement plus sûres, font leur apparition. Mais il ne suffit pas de les interdire pour s’en protéger.

Eviter leurs effets pervers sur la santé, c’est l’affaire des agriculteurs, mais aussi des particuliers et des pouvoirs publics.

 

En Belgique, environ 280 substances actives (celles qui « font » l’effet toxique du produit sur la cible) ont été mises en vente depuis l’avènement des pesticides de synthèse.

Un millier de formules commerciales ont été lancées sur le marché chez nous.

Elles sont regroupées en quelques dizaines de familles selon leur composition : organochlorés, organophosphorés, pyréthrinoïdes, triazines, carbamates, etc.

 

Ces dernières années, la part de ménages dans l’achat de matières actives n’a cessé de diminuer en Wallonie: une chute de 28,7 % entre 2005 et 2010.

Cette diminution des utilisations par ménage n’est pas due à un changement de comportement d’utilisation.

Elle est directement liée au retrait du marché des herbicides totaux c'est-à-dire qui tuent toute herbe, plante, sans sélection. Les particuliers n’y ont plus accès.

Par unité de surface, les ménages utilisent (avec les pouvoirs publics) environ quatre fois plus de pesticides dans les jardins et les parcs que les agriculteurs dans les champs.

Même s’ils font aussi leur part d’effort, les agriculteurs restent les principaux utilisateurs de produits phytopharmaceutiques étant donné l’importance des surfaces agricoles qui sont traitées.

 

Pourquoi parle-t-on tant des pesticides aujourd’hui ?

Parce qu’ils sont de mieux en mieux connus pour leurs impacts négatifs sur l’environnement et sur la santé humaine.

Or ils sont partout ! Dans l’air (extérieur et intérieur, poussières…), l’eau (souterraine et de surface), le sol, les denrées alimentaires (sous forme de résidus). Les populations des pays riches y sont exposées d’une façon permanente, le plus souvent à faible dose.

Si l’on veut réduire l’exposition des populations, il ne suffit pas d’interdire les produits les plus dangereux ou les retirer du commerce.

En effet, certains produits interdits il y a plusieurs décennies se retrouvent encore dans notre environnement en raison de leur rémanence : ils ne parviennent pas, ou très lentement, à se dégrader.

 

Un exemple : l’atrazine, un herbicide total systémique utilisé autrefois en cultures de maïs et interdit depuis 2005 en Wallonie et en Europe, est encore détecté en concentrations élevées dans les eaux souterraines de Wallonie.

D’autres substances sont également réputées pour leur persistance et leur mobilité dans l’environnement, telles le lindane interdit chez nous en 2001 et le diuron banni en 2007.

Les distributeurs d’eau se plaignent également d’un produit de dégradation (le « 2.6 dichlorobenzamide » ou BAM) issu d’un herbicide total (le « dichlobénil ») qui était utilisé dans les jardins, sur les voiries, dans les cimetières, etc. et de l’apparition de nouvelles molécules (métolachlore, carbendazime), tout aussi problématiques à éliminer de l’eau pompée dans le sol ou les cours d’eau.