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Plusieurs maladies en cause

IRM du cerveauUne expertise collective de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, France) a fait le point sur les connaissances relatives aux  effets des pesticides sur la sante. Des données concernant les expositions professionnelles (dans le milieu de travail) et les expositions précoces (fœtus et jeunes enfants) ont été analysées.

 

 

 

Les résultats de cette enquête de l’Inserm dévoilent :

 

  • Chez les professionnels, l’exposition prolongée et répétée à des doses réduites de pesticides  peut entraîner une augmentation non négligeable du risque de contracter un cancer de la prostate (de 12 à 28 %).

    Certes, tous les pesticides concernés par ce risque sont aujourd’hui interdits (chlordécone, carbofuran, coumaphos, perméthrine…), mais l’on sait que les cancers se déclenchent souvent après une longue période de latence.

    De même, l’interdiction sur papier ne signifie pas forcément la fin de l’usage du produit sur le terrain.

    Détail non négligeable : d’après les données de la littérature de ces trente dernières années, ce risque de cancer de la prostate concerne également les habitants des zones rurales au sens large. 

    Chez les professionnels exposés régulièrement aux pesticides, plusieurs études validées scientifiquement suggèrent une augmentation du risque de contracter d’autres cancers : lymphomes non-hodgkinien, myélomes multiples, voire (dans une moindre mesure) leucémies.

 

  • Les pesticides peuvent également être à la source de maladies neurodégénératives (détruisant le système nerveux et le cerveau, particulièrement la maladie de Parkinson).

    En France, celle-ci a été reconnue maladie professionnelle dans le secteur agricole.

    Le lien entre cette maladie et l’exposition régulière aux insecticides et aux herbicides est établi, mais il ne l’est pas  pour les fongicides, faute d’études suffisantes consacrées à ce sujet. De lourds soupçons portent sur la maladie d’Alzheimer.

 

  • Les femmes exposées professionnellement aux pesticides doivent être d’une prudence extrême.

    En effet, la littérature scientifique suggère une augmentation significative du risque de fausse-couche (mort du fœtus) et de malformation congénitale.

    Certaines études pointent par ailleurs,  chez les enfants de ces agricultrices, une diminution de la motricité fine, de l’acuité visuelle ou de la mémoire récente. Les études menées ces dernières années signalent également une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeurs cérébrales chez les enfants d’agricultrices.

    Certains risques de maladies, et non des moindres, concernent les femmes exposées par leurs activités professionnelles mais aussi celles qui vivent simplement au voisinage des zones agricoles. Il s’agit de malformations congénitales (cardiaques, organes sexuels, etc.). Rappelons, surtout, que la plupart de ces effets sont attribués à des molécules aujourd’hui interdites. 

    Et que la qualité du lait maternel, en Wallonie, s’est considérablement améliorée entre 1988 et 2008 par rapport aux polluants organiques persistants (POP), dont certains pesticides.

 

  • Enfin, le lien entre certains pesticides (aujourd’hui interdits) et les troubles de la fertilité chez l’homme est établi. Il ne l’est pas, en revanche, pour les pesticides actuels. Ni en matière d’infertilité féminine.