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Nos assiettes, dangereuses pour la santé ?

Proud man presenting vegetables in a basketLes contrôles réguliers sur les denrées alimentaires avant leur mise en vente révèlent peu de dépassements des normes de résidus de pesticides en vigueur. Cela ne doit pas nous empêcher de faire preuve de précaution et d’adopter la nourriture la plus saine possible. Pas toujours aisé !

 

Pour l’essentiel de la population, l’exposition aux pesticides se fait essentiellement par la voie alimentaire.

Le fait que nous ingérions tous des résidus de pesticides ne fait aucun doute. Même le vin bio en est porteur (à l’état infinitésimal, il est vrai), car l’alimentation bio ne peut pas vivre en vase clos à 100 % !

 

Il est vrai que les laboratoires sont aujourd’hui capables de déceler la présence de quantités infimes de polluants - de l’ordre du nanogramme - dans nos mets et boissons. Une telle prouesse technique revient à déceler la présence de 5 grammes d’un produit dilués dans 30 millions de litres, soit un morceau de sucre dans 10 piscines olympiques !

 

Les enfants méritent la plus grande vigilance, du fait qu’ils sont plus fragiles et, pour les plus jeunes d’entre eux, exposés aux pesticides au niveau du sol : herbicides dans les parterres, appâts anti-insectes, colliers antipuces des animaux de compagnie, etc.

Cela étant dit, les études portant sur les résidus de pesticides dans notre alimentation sont globalement rassurantes. Si la plupart des fruits et légumes conventionnels contiennent des résidus de pesticides, ils ne dépassent pas pour autant les normes en vigueur.

Soyons plus précis : les LMR (limites maximales de résidus) de pesticides ne sont dépassées, selon l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, que dans 1.6 % des cas en Europe et 0.9 % en Belgique. Lorsqu’on pratique des contrôles plus ciblés sur les aliments à risques, le taux de dépassement des LMR dans notre pays grimpe à 4.2.

 

Pourquoi, alors, tant de polémiques sur l’effet des pesticides sur notre santé ?

Parce qu’une partie des scientifiques conteste la manière dont les normes ont été fixées, même en tenant compte des marges de sécurité déjà appliquées aux enfants et aux personnes affaiblies et du processus de révision des normes.

Parce que l’effet « cocktail » de certains pesticides, éventuellement associés à des additifs alimentaires, est un champ gigantesque de recherches et ne fait pas toujours l’objet des recherches qu’il mériterait.

Parce qu’il est difficile, dès lors qu’on parle de cancer ou de maladies multifactorielles, d’isoler la variable d’exposition aux pesticides d’autre variables liées, par exemple au style de vie ou à l’hérédité.

Parce que la toxicologie est, comme tant de disciplines scientifiques, en pleine mutation et que certains de ses fondements historiques font aujourd’hui l’objet de discussions, voire de polémiques, à haut niveau.

 

Le moment de l’exposition à un produit chimique aurait, pour la santé, autant sinon plus d’importance que la quantité à laquelle on est exposé.

Ce fait est de plus en plus reconnu pour les perturbateurs endocriniens, connus pour imiter ou, au contraire, empêcher l’action des hormones. Or certains pesticides font partie de ce groupe.

Certains scientifiques soupçonnent même des effets transgénérationnels, liés à des phénomènes épigénétiques. Ce qui expliquerait, en partie, pourquoi les pesticides pourraient expliquer certaines formes d’obésité ou de diabète.

Sur ce terrain, la science doit encore progresser sensiblement avant de tirer des conclusions définitives.