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La Wallonie se mobilise contre le bruit

train bruit.jpgIdentifier les points noirs sur le territoire et y déployer une batterie de solutions techniques.

 

En conséquence d’une directive européenne de 2002, la Wallonie a élaboré une première cartographie du bruit en 2008.

Celle-ci concerne, à ce stade, le bruit situé le long des axes routiers et ferroviaires fréquentés par un trafic à haut débit (6 millions de passages de véhicules par an pour le trafic routier, 60.000 pour le trafic ferroviaire).

Elles reposent sur des niveaux sonores considérés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des « gênes » pour une partie de la population.

 

Le but de ces cartographies consiste à identifier les points noirs et d’y développer des plans d’action.

Ces derniers seront modulés en fonction du nombre de personnes exposées au bruit et basés sur une panoplie de mesures techniques: remplacement des revêtements routiers les plus bruyants, installation de panneaux antibruit, érection de talus de terre ou de barrières de végétation, etc.

 

A terme, une cartographie est envisagée pour les axes routiers fréquentés par 3 millions de véhicules par an et les axes ferroviaires fréquentés par 30.000 passages de convois par an. 

Les cartographies pour  les villes de Liège et de Charleroi,  intégrant les diverses sources sonores dont les sources industrielles, seront finalisées au cours de l’année 2014 et elles seront accessibles sur le Géoportail de la Wallonie.

 

L’Agence européenne de l’environnement estime possible d'obtenir une diminution de 5 dB(A) dans la plupart des situations à problème en Europe en travaillant sur les points suivants : révision des normes de bruit, renforcement de l’inspection technique, amélioration de la qualité des pneus et des revêtements routiers (un enrobé drainant permet de réduire le bruit de 5 à 8 % tout en améliorant la sécurité routière), amélioration de la gestion du trafic (limitations de vitesse, coordination des feux de signalisation…), etc.

La diminution globale du trafic, elle, semble moins pertinente ; du moins, elle devrait atteindre au moins 40 % pour que les niveaux de bruit baissent significativement.

Or, entre1990 et 2009, les déplacements de personnes en Wallonie ont augmenté de 40 %, la route occupant une place toute privilégiée…

 

En ce qui concerne le réseau ferroviaire, c’est le travail sur les trains de marchandises qui est prioritaire. En effet, ils présentent des convois plus longs, plus lourds et exigeants de plus longues distances de freinage que les trains de voyageurs.

L’une des voies suivies consiste  à remplacer les blocs de freins en fonte par des matériaux composites. Depuis la libéralisation du transport de marchandises par rail (2007), la plupart des mesures de ce genre sont toutefois soumises à des décisions européennes.

En ce qui concerne les équipements antibruit gérés par Infrabel, 91 kilomètres en étaient dotés en 2008, soit un peu moins de 3 % du réseau ferroviaire belge.

 

En ce qui concerne les aéroports,  la directive n’impose aucune cartographie à ce stade. La population exposée aux deux principales installations (Liège/Bierset et Charleroi/Gosselies) concerne respectivement 11.222 et 9594 habitations.

La population résidant dans les zones A (càd exposée à une intensité sonore supérieure à 70 dB(A)) constitue respectivement 5 et 2 % de l’ensemble de la population exposée aux nuisances sonores.

A partir de 2004, les Plans d’exposition au bruit (PEB) ont permis d’offrir des mesures d’accompagnement facultatives aux riverains les plus incommodés : insonorisation ou procédure de rachat par la Wallonie.

A la date du mois d’août 2009, 88 % des habitations concernées par les PEB en avaient fait la demande à Liège, et 44 % à Charleroi.  A Liège, par exemple, 27,1 % des habitations ont été rachetées par les pouvoirs publics ou sont en voie de l’être et 67 % ont été insonorisées ou sont en cours d’insonorisation. A Charleroi, le rachat concerne 4,1 % des habitations du PEB, et l’insonorisation 40 %. Le budget global affecté à ces opérationss'est élevé à 500 millions d’euros (entre 2004 et 2014).

Des mesures d’encadrement (limitation du bruit à la source) sont également en vigueur : restrictions horaires, exclusion de certains appareils, contrôles des émissions sonores.