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Maladies cardiovasculaires au premier plan

maladies cardiovasculaires et environnement.jpgLe cœur et les artères paient un lourd tribut à un environnement dégradé. La pollution de l’air, les températures extrêmes et le bruit peuvent entraîner divers troubles cardio-vasculaires.

 

De nombreuses études tendent à démontrer le lien de cause à effet entre la dégradation de la qualité de l’air intérieur, notamment due à l’utilisation utilisation mal contrôlée de combustibles fossiles (poêles à charbon ou à mazout déficients) , et l’accroissement des maladies cardiovasculaires (MCV). La présence du monoxyde de carbone - le fameux CO, invisible et inodore - peut être responsable d’une réduction du transport sanguin de l’oxygène, phénomène susceptible d’affecter le cœur et d’entraîner la mort. Mais les MCV sont aussi largement influencées par les phénomènes de pollution intérieure et extérieure. C’est le cas, par exemple, des particules fines (les « PM10) et du dioxyde de soufre, qui réduisent le volume et la capacité respiratoires des personnes fragiles.

L’été, les épisodes de chaleur extrême peuvent causer des crampes et des « coups de chaleur » menant à des défaillances cardiaques. Ce risque est accru lorsque des polluants atmosphériques sont présents dans l’air ambiant.  Lors d’épisodes de fortes chaleurs, l’ozone agit comme un facteur aggravant et peut agir comme « déclencheur » de certaines maladies cardiovasculaires et respiratoires chez des personnes déjà fragilisées.

L’hiver, les pics de pollution aux particules fines apparaissent dans des conditions climatiques bien particulières (inversions de température). Même à faible niveau, ce type de pollution atmosphérique a des effets néfastes sur notre santé. Les problèmes manifestés par les personnes fragilisées sont principalement d’ordres pulmonaires et cardiovasculaires. Leur gravité dépendra de la concentration et de la composition des polluants, de la durée d'exposition, ainsi que de la sensibilité et des activités des personnes exposées.

Selon leurs connaissances actuelles, les experts ont estimé que si, en 2004, les concentrations moyennes en PM10 avaient été maintenues sous la barre des 20 microgrammes/m3 à Liège, Bruxelles et Anvers, plus de 1200 décès auraient sans doute été évités.

D’une façon générale, plus encore que les pics de pollution (souvent médiatisés), ce sont les niveaux ambiants de pollution atmosphérique des agglomérations (peu commentés dans la presse) qui entraînent l’essentiel des visites médicales et des hospitalisations – voire les décès – liées à des symptômes cardiovasculaires et respiratoires. 

Le bruit influence lui aussi le système cardiovasculaire. Selon des travaux préliminaires de l’OMS, l’exposition chronique au bruit serait responsable de 3 % des décès dus à certaines maladies cardiaques (comme l’infarctus par exemple). Diverses études menées  récemment en Europe confirment cette appréhension. Ainsi, en Suède, le risque d’hypertension chez les riverains d’axes routiers augmente de 38 % en moyenne pour chaque saut de 5 décibels compris entre 45 et 65 db. Cette hypertension artérielle est un facteur de risque de maladies cardiovasculaires.

À partir de données récoltées autour de quatre grands aéroports européens, les chercheurs ont pu démontrer une augmentation de la pression sanguine durant le sommeil  des habitants, dès que les sons dépassent 35 db. Le bruit ne conduisant pas à des événements catastrophiques non maîtrisables, il n’éveille généralement pas les mêmes inquiétudes que les autres préoccupations environnementales.