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Principe de précaution

principe précaution.jpg Le principe de précaution : un concept mis à toutes les sauces 

Ne pas attendre la preuve scientifique pour gérer de manière prudente des risques incertains et définir des mesures immédiates de protection de l’environnement ou de la santé… Le principe de précaution à la rescousse.

Impossible de lire un journal ou d’écouter une émission sur l’environnement et la santé sans entendre parler du principe de précaution. Né dans la foulée des conférences internationales sur le climat, celui-ci repose sur une conviction : lorsque l’on soupçonne les effets graves ou irréversibles d’un produit sur l’environnement ou la santé humaine, il ne faut pas attendre d’en avoir la certitude scientifique absolue pour intervenir. Soit pour en bannir la fabrication, soit pour prendre les mesures réduisant au maximum toute exposition à  ce produit. En d’autres termes, l’incertitude - que l’on sait fréquente dans les problématiques de santé et d’environnement - ne peut servir de prétexte pour reporter à plus tard la prise de mesures de prévention ou de protection.

Ainsi défini, ce principe est évidemment soumis à la discussion, voire à la controverse. En effet, même lorsque la plus grande transparence est au rendez-vous, on ne sait pas toujours s’il y a un risque « grave » ou « irréversible »… Beaucoup de gens le comprennent comme une injonction à ne pas autoriser un produit ou une activité tant qu’il (ou elle) n’a pas fait la preuve absolue de son caractère inoffensif pour l’environnement ou la santé. Ce qu’il n’est pas ! Le principe de précaution est un point de  repère, une balise pour le décideur : ni plus, ni moins. Dans ce sens, il le laisse souvent face à ses responsabilités et à sa capacité de discernement, voire à son éthique. C’est au nom de ce principe que, par exemple, la décision sera prise d’initier une procédure d’évaluation des risques.  A savoir aussi que le citoyen et les associations ne sont pas en reste et peuvent s’ils l’estiment nécessaire interpeller les décideurs et participer aux réflexions et aux actions à mener autour du respect du « principe de précaution »

Lorsque ces risques sont clairement identifiés, par exemple dans le cas de la relation entre le plomb et le saturnisme ou entre l’amiante et le mésothéliome (cancer de la plèvre), ce n’est plus le principe de précaution qui est pertinent, mais bien la mesure de prévention : le produit est interdit ou toute exposition à celui-ci évitée. Le principe de précaution est indiqué en cas de risques controversés (c’est-à-dire lorsque le débat scientifique n’a pas encore abouti à un consensus : ondes électromagnétiques, certaines familles de pesticides…) ou émergents (lorsque le débat scientifique ne fait que commencer : nanoparticules, etc.)